Guérison de la fille de la Cananéenne. 17e dimanche après la Pentecôte.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, La Cananéenne qui s’est adressée au Seigneur pour lui demander de guérir sa fille possédée était païenne. A cette époque, les Juifs, qui étaient les seuls à croire en un Dieu Unique, ne parlaient pas avec les païens dont ils restaient distants. Or voila cette femme qui approche du Christ : cela montre déjà qu’elle avait vu en Lui quelque chose qu’elle n’avait pas vu chez d’autres, qu’elle avait senti quelque chose chez Lui : par son intuition, son cœur, elle avait saisi quelque chose qui lui avait inspiré confiance et ôté la peur d’être chassée. Lire la suite

Après le Chant des Chérubins. 2e partie

4) Le sacrifice dans les deux Alliances Puisque le sacrifice du Nouveau Testament est comparé et même opposé aux sacrifices de l’Ancien, attardons-nous plus attentivement à ces derniers. « L’autel des holocaustes mesurait 30 coudées de largeur sur 15 de hauteur. Un feu éternel y brûlait. Ce n’était pas un foyer mais un véritable incendie. Représentez-vous le craquement, le sifflement, le grésillement du feu sur cet autel, imaginez l’espèce de cyclone planant au-dessus du temple. Selon la tradition, même la pluie ne parvenait jamais à l’éteindre (...) On y brûlait des bœufs entiers, sans parler d’une multitude de boucs, de béliers, etc. Imaginez quelle devait être l’odeur de brûlé et de graisse, si la fumée d’un simple chachlik oriental se sent à plusieurs rues de distance ! Selon Joseph Flavius, on immolait 265 000 agneaux pour les fêtes pascales (...) Les prêtres avaient parfois du sang jusqu’à la cheville, l’immense parvis était tout entier couvert de sang, les natures nerveuses devaient s’abstenir d’y monter. 13 taureaux étaient immolés le jour de la fête des tabernacles. Volens, nolens, l’ampleur du culte vétérostamentaire effrayait »[10].  Lire la suite

Le Filioque

Ce n’est pas la victoire, que nous voulons, mais le retour de nos frères desquels nous souffrons d’être séparés. Saint Grégoire le Théologien La principale divergence dogmatique entre le catholicisme et l’orthodoxie reste l’incise occidentale au Symbole de foi commun, le fameux « filioque ». Là où le Symbole de Foi proclame « Je crois en l’Esprit Saint qui procède du Père » (cf Jn 15, 26), la tradition romaine ajoute : « qui procède du Père et du Fils ». Et depuis des décennies, les universitaires, tant occidentaux que russes, tournent en dérision les dogmatistes tenant de la lettre : et quoi, serait-ce à cause de cette broutille qu’ils se sont séparés ? Quelle broutille, en effet ! Qui plus est, on n’a rien enlevé, mais ajouté, et donc élargi, expliqué... Pourtant, il arrive que lorsqu’un propriétaire décide de surélever sa maison d’un étage, c’est tout le bâtiment qui s’écroule et devient inexploitable. Lire la suite

Parabole des talents. 16e dimanche après la Pentecôte.

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit! La parabole d’aujourd’hui sur les talents appartient à toute une série d’avertissements prophétiques et de récits allégoriques du Christ sur le Jugement dernier. La lecture des chapitres 24 et 25 de l’Evangile de Mathieu dont est extraite cette parabole nous permet de constater que le Sauveur nous avertit de trois dangers susceptibles de nous amener au jugement non préparés. Lire la suite

L’enfance et l’adolescence de saint Luc de Crimée, 1877-1903.

La ville de Kertch s’étale entre deux mers, en face du continent, à l’extrémité est de la Crimée. C’est un endroit qui était déjà peuplé des dizaines de milliers d’années avant J.C. Au VII° siècle avant J.C., des colons grecs de Millet fondèrent la ville-état de Panticapée (« route du poisson »), sur la rive du détroit de Kertch, capitale du futur royaume du Bosphore. Lire la suite

Après le Chant des Chérubins. 1e partie

1) Œuvre commune Dans le christianisme, le salut n’est jamais voie individuelle, chemin privé. Même l’ermite, purifiant son âme dans les mortifications solitaires n’est pas sanctifié parce qu’il répond à des critères de bonne réception de la grâce, mais parce qu’il est demeuré dans son désert en tant que membre de l’Église. Lire la suite

Quel est le plus grand des commandements ? Homélie pour le 15e dimanche après la Pentecôte.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Aujourd’hui le Christ nous donne, ou plus exactement, nous rappelle les deux commandements fondamentaux : aimer Dieu de tout notre cœur, de tout notre esprit et de toutes nos forces (c'est-à-dire avec toute la capacité d’aimer qui nous est donnée) et aimer son prochain comme soi-même. Lire la suite

L’Apôtre Pierre : reniement et repentir

A la fin du repas de la Pâque, Jésus dit avec tristesse : «en vérité Je vous le dis, l’un de vous Me trahira» (Mt 26,21). Les disciples se troublèrent. Ils L’aimaient sincèrement, mais chacun, intuitivement, comprenait que de l’amour à la trahison, il n’y a qu’un pas, et que ce pas peut être franchi sans même qu’on le remarque… «N’est-ce pas moi, Seigneur? N’est-ce pas moi?» — demandèrent Philippe, Jean, Mathieu... «N’est-ce pas moi?» — demanda Judas. Il semble qu’un seul des apôtres ne posa pas cette question : Simon, qui pour la fermeté de sa foi avait reçu du Seigneur le deuxième nom de Cephas (pierre, en araméen), ou, en grec, Petros (πέτρος «pierre, rocher»). Pierre était certain de ne pas trahir le Maître. Lorsque Jésus prévint les disciples qu’ils allaient tous douter de Lui cette nuit, Pierre s’écria : «Moi, je ne douterai jamais!» A son grand étonnement, il entendit cette réponse : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.  (Mt 26, 33-34). Lire la suite